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Les
Doigts qui Rêvent (Ldqr) est née en 1993 du constat du manque total
d'accès à l'album et au livre pour les enfants déficients visuels (aveugles et malvoyants)
à l'initiative d'un groupe de quatre couples de parents d'enfants
concernés et d'enseignants spécialisés qui, ne voyant aucune réponse
institutionnelle, ont décidé d'agir.
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L'un des
membres de ce groupe était parvenu à faire produire un album tactile
illustré très vite remarqué (tant ils étaient rares à l'époque) par le
milieu spécialisé ainsi que par les parents d'enfants déficients visuels
mais les problèmes de sa fabrication (rocambolesque) avaient démontré
aussi qu'il y avait urgence, en France, à créer une structure adéquate.
Le financement en avait été entièrement assuré par les Marie de
Bourgogne (Lion's Club), c'est à dire par une démarche philanthropique,
sans laquelle rien n'eut été possible. Car cet album illustré par des
textures et produit en grand nombre pour le secteur concerné (100ex ! )
était une première en Europe et démontrait qu'il était certes difficile
mais possible d'apporter de quoi entrer en littératie à ces
enfants.
La direction du Centre spécialisé de Rééducation où était né ce premier
album tactile illustré ne souhaitant pas se lancer dans cette mission
éditoriale pourtant nécessaire et fondamentale, ce groupe informel, sans
aucun moyen ni aucune aide institutionnelle, a décidé de s'y lancer, et
dès 1994 les statuts de Ldqr ont été déposés.
Statuts :
Les Doigts Qui Rêvent est une maison d'édition sous le statut
d'association Loi 1901, dont les buts sont
- créer et produire des albums tact illustrés accessibles aux enfants
déficients visuels.
- aider les enfants déficients visuels à entrer dans la conscience de
l'écrit, à accéder aux livres et à la lecture et favoriser leur
intégration.
Missions :
- concevoir et produire des albums tact illustrés, et les diffuser au
prix normal d'un livre de jeunesse dans les mêmes lieux de culture que
les autres livres.
- convier des professionnels de la littérature de jeunesse à travailler
dans le domaine du tactile de manière à développer une entrée dans
l'esthétique avec notre collection de livres tactiles d'artistes.
- faire la promotion de l'édition adaptée (salons)
- développer la coopération européenne par des projets européens.
- favoriser l'intégration des enfants déficients visuels par des
animations auprès des scolaires.
- sensibiliser les bibliothécaires à l'édition adaptée (animations,
conférences)
- former à la production d'albums tactiles
- développer la recherche avec le Centre Amandine, centre de recherche
sur l'image tactile en partenariat avec des universités.
- aider des enfants déficients visuels des pays du Tiers Monde
dans la mesure du possible.
L'esprit
qui a présidé à la création de Ldqr
rejetait tout idée mercantile et excluait donc d'emblée
toute fabrication dans les pays où les conditions de travail ne
respectaient pas les droits sociaux élémentaires. En
outre, Ldqr devait être un outil au service des professionnels du
terrain qu'ils soient enseignants, parents, éducateurs,
rééducateurs... de manière à rester le plus
proche possible des besoins des enfants déficients visuels.
Dès
décembre 1994 le groupe fondateur a recherché les moyens de produire ce
type d'album ; toutes les instances locale ainsi que les deux Ministères
concernés (Éducation nationale et Affaires sociales) ont été sollicités,
ces derniers sans succès. C'est pendant ces deux années que s'est
solidifiée la cohésion du groupe fondateur, très vite rejoint par un
réseau de bénévoles disséminés sur tout le territoire.
En
1996, il y a eu cette rencontre déterminante avec une entreprise
d'insertion qui cherchait une activité économique ayant un sens comme
moyen de remédiation sociale pour des publics en grande difficulté alors
que Ldqr cherchait de la main d'œuvre pour fabriquer ses albums
tactiles. C'est au fondateur et directeur de cette entreprise
d'insertion, Cyril Marguerie
aidé par la Mission RMI de Côte d'OR que nous devons la création de
l'Atelier Pour Voir ( APV.), car il a été le seul à l'époque à pressentir
toute la richesse que ce dispositif pouvait apporter aux publics en
grande difficulté et aux enfants déficients visuels, richesse qui
n'a fait que se confirmer depuis. Il y a donc eu dès le départ une
synergie totale entre Ldqr et l'APV qui ne s'est jamais démentie.
Nous sommes dans l'économie solidaire.
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